BOUGIE ARTHUR
Il était une fois une bougie enchantée nommée Arthur, forgée dans les brumes mystérieuses d’Albion. Contrairement aux bougies ordinaires, Arthur était dotée d’une âme, enfermée dans une mèche d’or pur et un corps de cire blanche parsemée de fragments de citrine étincelants. Ces pierres précieuses, disait-on, avaient été offertes par les druides en personne et portaient en elles la lumière du soleil capturée.
Arthur n’était pas une simple bougie. Lorsqu’il était allumé, sa flamme dansait avec une aura dorée, et sa lueur projetait des visions. Il pouvait révéler des vérités cachées, des souvenirs oubliés ou guider quiconque dans les ténèbres, littérales ou métaphoriques. Arthur était connu pour murmurer des conseils dans un souffle de lumière, ses mots résonnant comme ceux d’un roi sage.
Un jour, une jeune sorcière du nom de Niméa trouva Arthur dans une échoppe abandonnée au cœur d’un vieux marché. Dès qu’elle l’alluma, une voix douce mais autoritaire s’éleva :
— « Niméa, toi qui cherches ton chemin, regarde dans ma lumière. »
Hésitante, elle fixa la flamme dorée. Elle vit alors une vision d’un royaume en ruine, une épée plantée dans un rocher, et une forêt embrumée où un dragon sommeillait. Arthur lui expliqua que ces images n’étaient pas des prophéties, mais des fragments de sa mémoire.
— « Jadis, j’étais un roi, porteur d’une couronne et d’un destin. Aujourd’hui, je guide les âmes perdues à travers ma flamme. »
Touchée par la noblesse de la bougie, Niméa décida de ne pas l’utiliser pour ses propres ambitions, mais pour éclairer les autres, tout comme Arthur l’avait fait autrefois. Ensemble, ils parcoururent les terres, et chaque fois qu’elle allumait la bougie, une nouvelle histoire d’honneur, de courage ou de sagesse émanait de sa lumière.
Ainsi, Arthur continua d’être le roi qu’il avait toujours été : un phare dans la nuit, un guide pour ceux qui en avaient besoin, même sous sa forme la plus humble. Et la citrine incrustée dans sa cire brillait comme les souvenirs d’un temps où la légende était réalité.