BOUGIE GUENIÈVRE
Dans une petite échoppe oubliée au cœur de Camelot, une bougie nommée Guenièvre reposait sur une étagère poussiéreuse. Sa cire était d’un blanc nacré, et en son centre brillait un éclat de quartz rose, symbole de l’amour pur et de la force du cœur. La bougie était l’œuvre d’une ancienne magicienne, qui l’avait créée pour sceller l’essence d’un amour impossible : celui de Guenièvre, la reine légendaire.
Des siècles plus tard, une jeune guérisseuse nommée Élaïa entra dans la boutique. Elle cherchait quelque chose pour apaiser les tourments de son âme, car elle avait perdu l’homme qu’elle aimait, un chevalier tombé au combat. L’éclat doux et chaleureux de la bougie attira son attention.
Lorsqu’elle l’alluma cette nuit-là, une lumière rose douce inonda la pièce, et une voix apaisante s’éleva de la flamme :
— “Je suis Guenièvre, gardienne des cœurs brisés. Ce quartz contient l’écho de mon amour pour Lancelot, un amour qui a défié le destin. Parle-moi, âme endeuillée, et je t’aiderai à trouver ton chemin.”
Élaïa, les larmes aux yeux, murmura :
— “Je veux retrouver la force d’aimer, malgré la douleur.”
La flamme sembla vaciller, comme une caresse réconfortante. La voix reprit :
— “Le quartz rose porte en lui le pouvoir de la guérison et de l’espoir. Accepte la douleur comme un souvenir d’amour, et laisse-moi t’enseigner à retrouver la lumière.”
Pendant plusieurs nuits, Élaïa alluma la bougie, écoutant les mots de Guenièvre, qui lui racontait son histoire d’amour tragique, ses luttes pour préserver son cœur face aux exigences du destin. Peu à peu, la guérisseuse sentit un changement en elle. Sa tristesse, bien qu’encore présente, se teintait désormais d’une douce chaleur, d’un souvenir chéri plutôt qu’un poids insupportable.
Un matin, alors qu’Élaïa préparait ses remèdes, elle sentit une énergie légère dans l’air. La bougie s’était consumée entièrement, ne laissant derrière elle que le quartz rose, brillant comme un cœur vivant. En le prenant dans ses mains, Élaïa ressentit une paix profonde, comme si l’amour de Guenièvre vivait à travers elle, prêt à être partagé avec le monde.
Dès lors, Élaïa devint connue pour sa capacité à soigner non seulement les corps, mais aussi les âmes. On disait que ses mains portaient la douceur d’un amour immortel, celui de Guenièvre, éternellement gardé dans la lumière du quartz rose.